Tunxi – ou Huangshan : la Chine tranquille

 

 

Pagoda Bridge Tunxi
Pagoda on a bridge, Tunxi

 

L’hiver s’installait doucement lors de mon séjour à Tunxi.

Je me souviens de mon arrivée à la gare, après quelques heures de bus depuis Hangzhou. Le ciel était lourd et gris, chargé d’une atmosphère particulière, entre ces constructions inachevées et cette affiche communiste, géante et délavée, représentant des soldats au garde à vous, juste à l’entrée de la station.

Je pris le taxi pour me rendre au “Daylight Youth Hostel“, auberge de jeunesse dans laquelle je me suis portée volontaire pendant trois semaines. C’est le site web HelpX – que je recommande à tous voyageurs ! – qui m’a permit de trouver ce projet.
Une course de neuf yuans, sans encombre, pour arriver dans le quartier neuf de Liyang, mélange de modernité et d’architecture traditionnelle.

Immédiatement, je me suis sentie à mon aise. Quelque chose de paisible émanait de ces allées où, chose improbable en Chine, très peu de monde se promenait. Un ruisseau coulait au milieu de la rue, surmonté de jolis ponts en pierre. La nuit, les lanternes placées au sol brillaient comme des petits soleils, noyés dans une épaisse brume artificielle.

 

Tunxi by night

Tunxi by night

Liyang Gate Tunxi
Gate of Liyang quarter – Tunxi

 

Les rencontres

Initialement, j’avais prévu de rester une semaine à Tunxi. Je suis restée trois semaines.

Les jours passaient à une vitesse incroyable dans cette auberge de jeunesse récemment ouverte. Pour quelques heures de ménage et de vaisselle à nettoyer, j’étais nourrie et logée gratuitement. Une occasion idéale pour goûter et continuer de découvrir les merveilles de la cuisine chinoise, et surtout faire des rencontres et créer des liens.

Être en mouvement perpétuel offre un sentiment de liberté totale, cependant cela peut être épuisant. Chaque voyageur a ses préférences; lorsqu’un endroit me paît, j’aime y rester un certain temps pour l’explorer au maximum, commencer à avoir mes repères et expérimenter la vie locale. C’est ce que j’ai fais à Tunxi.

Les rencontres m’ont impressionnées et marquées. Je pense particulièrement à Yang, avec qui j’ai prévu de voyager prochainement : une artiste à l’âme intrigante et à la mentalité différente des autres Chinoises que j’ai pu croiser en chemin. Elle avait ouvert un hôtel au Tibet, terre chère à son cœur, pour finalement revenir travailler dans sa province natale. Ses quelques excursions dans les pays avoisinant la Chine lui ont donné le goût du voyage et de la liberté qu’elle rêve de retrouver.

Il y avait Maria, l’espagnole dynamique avec qui j’ai partagé une chambre pendant une semaine et qui voyageait depuis un an déjà. Un an sur la route ! Je me suis demandé si j’en serais capable. Il faut le dire, le temps passe vite en voyage, il n’est rythmé que par la date d’échéance d’un visa. Nos journées à l’auberge étaient imprégnées de douce paresse et avaient le goût de thé vert, boisson que je consommais en excès mais qui jamais ne me lassera.

Je me souviendrai aussi de Fernando, cet homme de quarante-six ans en train d’accomplir son tour du monde. Le destin se chargera de croiser nos routes à nouveau, dans la ville d’Hanoï, quelques semaines plus tard. Lorsqu’il est l’heure de faire mes adieux, je n’aime pas mentir en disant que l’on se reverra; cela n’arrive que très rarement. Mais quelle belle surprise lorsque cela se produit !

On ne sait jamais quelle genre de personne les Circonstances vont amener sur notre chemin; lorsque l’on rencontre des êtres dont l’esprit et le cœur rayonnent de bonté et de sincérité, c’est comme une vague d’optimisme et de gratitude qui nous submerge.

 


In a beautiful hotel in Liyang – Tunxi

Tunxi Old Street
Old Street, Tunxi

Lao Jie Tunxi


Boutique in the old street of Tunxi, with the portrait of Zhou Xuan – a famous Chinese singer

 

Les découvertes

Opéra de rue, montagnes brumeuses, ville pleine de charmes : Tunxi regorge de merveilles. J’ai même découvert ce que c’est d’enseigner l’anglais à des enfants, pour une durée d’une semaine – mais chut, nul n’est censé travailler avec un visa L.

La vieille rue de Tunxi, dite “Lao Jie“, était jadis essentiellement habitée par les gens locaux. Mais comme pour toute jolie ville en Chine, le sort est ainsi scellé : l’appât du gain et du profit est tel que toutes les habitations ont été rachetées pour les transformer en commerces. Ainsi, Lao Jie a été assaillie par des hordes de marchands vendant ce genre de produits soit-disant artisanaux que l’on trouve à travers la Chine entière, à prix exorbitants, dans tous les coins touristiques. De Lao Jie, il ne reste que l’architecture qui fait la beauté des vieilles villes Chinoise. Le reste n’est que foule et bruit. Il est néanmoins agréable de s’y promener en dehors des “heures de pointe”.

La véritable vieille ville se situe dans les petites rue adjacentes, là où personne ne passe : on s’éloigne du bruit, on découvert l’envers du décor. Des maisons de fortune, qui pourtant dégagent une certaine sérénité. C’est une généralité ici en Chine : il faut sortir des axes fréquentés pour découvrir l’âme et la beauté des lieux.

 


Lao Jie – Tunxi

 

La nature est à portée de main à Tunxi; on a vite fait de se retrouver à la campagne, au cœur des montagnes. Huangshan est d’ailleurs très réputée pour ses reliefs – c’est une destination de premier choix chez les Chinois. Je n’ai pas eu le courage d’y aller, sans doute est-ce le prix d’accès de 200 yuans qui m’a rebutée – tout se paye en Chine, même la nature ! Pourtant, Maria m’a dit que ça valait vraiment le coup, malgré les courbatures terribles du lendemain – je me souviens encore de la manière dont elle descendait l’escalier. Je pense qu’il vaut mieux attaquer ce sommet au printemps ou en été; il faisait déjà terriblement froid en Novembre.

 

Huangshan Mountain
In the misty mountains, Huagnshan

 

Sur la place principale, là où de jeunes mamans promènent leurs bambins en poussettes et de vieilles dames observent, assises sur un banc en pierre, le passage d’êtres anonymes, une répétition d’opéra avait lieue. Au son des instruments traditionnels et de la voix éraillée de la chanteuse, des frisons parcoururent mon corps : je suis restée ébahie devant ce spectacle qui pourtant n’avait l’air de rien, mais qui eu une emprise folle sur mon cœur. Amit, un népalais résident à l’auberge, me dit que je devais sans doute avoir vécue en Chine dans une de mes vies antérieures.

 

Chinese Opera
Chinese Opera – Tunxi

Liyang Tunxi
In Liyang Street, Tunxi


 

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