Dans le smog de Shanghai

 

 

Oriental Pearl Tower
Oriental Pearl Tower

 

L’horizon délavé efface les grattes-ciels,
Terne est le bleu du ciel dans cette ville sans soleil.

 

Shanghai. Évoquer son nom nous plongent dans une rêverie orientale, lointaine et inaccessible. Ville où la modernité dernier cri côtoie les quelques vestiges de la Chine traditionnelle ; Shanghai, on l’aime ou on la déteste.

Depuis Paris, dix heures d’avion sont nécessaires pour atteindre la mégalopole Chinoise. J’ai fais escale dans l’air glacial de Moscou, puis survolé les magnifiques steppes Mongoles, nues, pures, infinies. Presque nulle trace de vie humaine visible depuis les dizaines de kilomètres d’altitude ; un paysage couleur de feu, laissant parfois apparaître un village au creux de deux montagnes. C’est ce genre de terre qui m’invite à penser qu’il reste encore des parcelles vierges et inexplorées, qu’aucun pied n’a jamais foulé.

Arrivée à Shanghai. Je dis au revoir à l’homme d’affaire Russe avec qui j’ai discuté lors des longues heures de vol, puis je me dirige vers le début de mon aventure. Sensation étrange, mes narines me faisaient mal dans cet univers bruyant et dynamique, où une surprenante chaleur moite dansait dans les rues. Un pot-pourri d’odeurs jamais senties, mêlées à des regards insistants et des paroles incompréhensibles. C’était donc ça Shanghai. Des mobylettes, des klaxons, des étalages de fruits, légumes ou viandes, beaucoup de restaurants, des gens, beaucoup gens, en pyjama ou en costume, promenant des tout petits chiens portant parfois des chaussons. Des Chinois qui marchent avec les mains croisées dans le dos, des Chinois portants des ballots, des Chinois le nez plongé dans l’écran de leur Iphone. La technologie monopolise l’esprit des jeunes gens qui, vivant à travers Wechat et Weibo, n’ont plus d’yeux pour le monde réel. Shanghai, là où des bâtisses en mauvais état semblent se faire dévorer par des grattes-ciels flambant neuf, sur lesquels d’immenses écrans numériques ont remplacés les petites enseignes aux caractères verticaux.

De bonnes chaussures et une patience exemplaire sont de mise pour arpenter la ville. J’ai eu la patience, mais pas les bonnes chaussures. Chaque pas creusait un peu plus la plaie qui orne toujours la phalange de mon gros orteil.

 

 

Se déplacer

Le métro est incontournable pour se déplacer d’un point à un autre. De plus, il est très économique : environ 5 yuans le ticket selon la zone où l’on se rend. Comme à l’aéroport, il faut déposer son bagage – uniquement s’il est encombrant – sur un tapis roulant qui passe dans un scanner. Du personnel est chargé de surveiller et fouiller la foule qui s’engouffre dans les boyaux de la ville. On ne plaisante pas avec la “sécurité”.

Les tickets se paient uniquement en cash. Il faut donc sauter sur l’occasion d’avoir un distributeur à proximité pour retirer de l’argent, car une fois dans le métro, ils ne sont pas évidents à trouver. C’est un réel problème qui m’a fait perdre beaucoup de temps.

Depuis l’aéroport international de Pudong, très excentré, on peut prendre la ligne verteligne 2 – qui nous propulse dans le cœur de la ville. Il ne faut pas avoir peur de passer une bonne heure dans le métro, chose tout à fait normale pour les quelques 23 millions de Shanghaiens pour qui cette routine s’inscrit dans l’emploi du temps journalier. Une heure pour aller au travail, une autre heure pour rentrer chez soi si l’on omet les heures de pointe. La ville est tellement démesurée que la notion de distance et de temps que nous avons en Europe prend une toute autre ampleur.

 

 
Nanjing Road

Visiter

Les principales attractions touristiques se situent à peu près dans la même zone. Ainsi, depuis la fameuse rivière Hangpu d’où l’on peut contempler la Tour de Perle Oriental, il est facile de se rendre à pieds vers le Bund et Nanjing Road. Pour un peu plus de fraîcheur et de calme, on peut faire une halte au jardin du Yuyan, de préférence de bonne heure, puisque malheureusement toutes ces places restent des hauts-lieux touristiques envahies par des hordes de badauds cosmopolites. J’ai donc évité ce genre d’endroits, en me contentant de marcher au hasard des rues moins empruntées, là où on se laisse tout de même piéger à acheter quelques menus souvenirs.

 


Yuyan Garden


Musicians in Yuyan Garden


 

Manger

Les Chinois aiment manger, et ils ont raison. La cuisine chinoise est mondialement reconnue, mais il faut savoir que chaque province, et même chaque ville, a sa spécialité et donc sa propre manière de cuisiner. Les nouilles de blé sont très répandues dans les environs de Shanghai – ces mêmes nouilles que Marco Polo a importé en Italie. Cuisinées à toutes sauces, avec des légumes, de la viande, du tofu… il y en a pour tous les goûts. C’est également un plat qui n’est pas cher : on peut compter entre 10 et 15 yuans pour un bon gros plat de nouilles juteuses et très rassasiantes. Le degré d’épices varie, j’ai eu la bouche en feu les premiers jours, et il m’a fallu un lot important de mouchoir à proximité puisque bien souvent, la nourriture chinoise débouche les sinus.

 

 

Dormir

J’ai utilisé Couchsurfing pour me loger à Shanghai. On peut néanmoins trouver des auberges de jeunesse agréables et abordables, notamment grâce au site Booking. Ce que j’aime avec Couchsurfng, c’est le fait de pouvoir rencontrer une personne locale qui connait la ville et avec qui partager des bribes de vie. Le voyage prend alors un tout autre sens, devenant plus vivant, plus humain et moins aseptisé. J’ai toujours pensé que ce qui créé le voyage, c’est avant tout la rencontre.

 

En conclusion

Shanghai est une ville intéressante pour qui aime la nightlife, la modernité et le dynamisme des grandes mégalopoles. Il est difficile de pouvoir trouver un moment de solitude ou de tranquillité lorsque l’on est à l’extérieur, et l’immensité de la ville est, en mon sens, un obstacle. Pour cette raison, Shanghai ne correspond pas à mon idéal chinois ; j’y ai séjourné deux jours seulement, ne me sentant pas dans mon élément. Certes, il y a beaucoup à voir et à faire, mais j’ai préféré écourter mon séjour pour continuer ma route vers Hangzhou, petite merveille de l’Orient.

 

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