Hangzhou

 


Linyin Temple – Bouddha

Des collines jusqu’au lac,
Dans la nature et dans les parcs,
Hangzhou rayonne de beauté,
Et brille de sérénité.

 

Une simple heure et demi de train la sépare de Shanghai, pourtant il semblerait que Hangzhou soit un monde à part. Après moultes pérégrinations désagréables pour atteindre son cœur, j’ai enfin pu me laisser bercer par sa douceur de vivre.

Il a fallu que je m’aventure dans l’effrayante gare de Shanghai avant de rencontrer, à mon arrivée, un faux chauffeur de taxi qui voulait me faire payer la modique somme de 130 yuans pour une course qui en vaut 20. Ayant usé de mes capacités en négociation pour, au final, ne pas monter dans son taxi, j’ai opté pour la solution conventionnelle qui est de patienter une bonne demi-heure dans une file d’attente d’une cinquantaine de personnes dans le but d’obtenir une course dans un vrai taxi. Pendant tout ce temps d’attente, le faux chauffeur de taxi, furieux de ne pas pouvoir se faire de l’argent sur mon dos, prit un malin plaisir à me crier dessus et répétant sans cesse “NO TAXI !”, sans que je sache vraiment pourquoi. Il fit des allers-retours incessants jusqu’à ce que ce soit mon tour de monter à bord d’un taxi. Cependant, le “vrai” chauffeur, ne comprenant pas le nom de l’auberge où je souhaitais me rendre, me fit simplement signe de sortir rapidement de son véhicule. Le temps, c’est de l’argent. J’ai cru tomber en larme, mais une personne bien intentionnée me demanda si je souhaitais de l’aide et me nota en chinois l’adresse désirée sur un papier. Je montrais ce même papier au taxi suivant, qui me déposa à l’entrée d’une magnifique rue piétonne où mes tracas prirent leur envol.

Une ballade au son des ruisseaux qui coulent dans les allées, sous la douce lueur des lanternes chinoise qui ornent le pas de chaque bâtiment. La nuit tombe vite Chine, mais elle dévoile la beauté des lieux. Pourtant, c’est à cet instant que la semelle de ma botte décida de se décoller, m’obligeant à continuer ma route avec mes sandales en plastique.

 


Wetland Park – Hangzhou

 

Se déplacer

J’ai eu la chance que mon hôte, Shine, puisse me conduire au travers de la ville à bord de son véhicule. Chose singulière en Chine, je n’ai jamais vu une voiture en mauvais état ou avec de l’âge, non : toutes les voitures sont flambantes neuves, brillantes et modernes.
J’ai utilisé le bus pour certains de mes déplacements, ce qui relève d’une galère innommable. Impossible de comprendre distinctement le nom des arrêts lorsque l’on ne parle pas chinois. De plus, chose incroyable, les bus font halte à des arrêts depuis lesquels il est ensuite impossible de les reprendre. C’est à n’y rien comprendre, il faut donc marcher un bon kilomètre pour retrouver un arrêt depuis lequel on pourra monter à bord du bus désiré.

La Chine est, dans le stéréotype occidental, un immense bazar pollué et quelque peu arriéré. Pourtant, Dieu sait que la France aurait beaucoup à apprendre de la Terre du Milieu. A Hangzhou, louer un vélo ou un scooter est gratuit la première heure. On voit donc de nombreux cyclistes ou motocyclistes. Les habitants de Hangzhou ont une carte qu’ils rechargent pour pouvoir emprunter un deux roues, puis le dépose ensuite à un autre point relais de la ville. Tous ses moyens de transports sont exclusivement électriques, donc non-polluants et surtout insonores !

 


Linyin Temple – A Monk


 

Visiter

Temples et lac, telles sont les principales attractions d’Hangzhou. J’ai passé une journée entière à arpenter les collines superbes qui dissimulent les vestiges de la Chine pré-révolutionnaire. Un recueillement profond devant les icônes dorées de Bouddha, dans l’envoûtante odeur de l’encens qui parfumait cet air divin. Pour qui est avide de plénitude et de calme, la zone des temples, accessible depuis la ligne de bus numéro 7, est l’endroit où il faut impérativement s’aventurer.

Un sentiment de liberté m’envahie dès lors que je marchais, appareil photo au cou, à travers les allées et les branchages. Aucun touriste en cette heure matinale, la vie semblait couler comme un ruisseau cristallin bercé par le doux chants des oiseaux. Assaillis par la beauté des lieux, mes yeux s’efforçaient de capter chaque détail, chaque instant, chaque variation de lumière ; choses qu’un vulgaire objectif numérique ne pourra jamais reproduire à l’identique. Effrayés par l’oubli, nous appuyons sur le déclencheur plus vite que notre ombre, avec l’espoir de garder en mémoire, pour toujours, le moment présent. Ce même moment dont on aura des centaines de clichés que l’on oubliera, eux-aussi, aux confins du disque dur de notre ordinateur. Rien ne vaut la mémoire véritable, celle dont nous avons hérité dès notre naissance et qui éveil nos cinq sens. On ne pourra jamais apprécier le présent de la même manière si on le vit uniquement par le biais d’un œil électronique ; réside en cette phrase la raison pour laquelle je prends si peu de photos.

 


Spécialité d’Hangzhou : Gâteaux au thé vert et graines de sésame – une des meilleure chose que j’ai goûté au cours de ma vie

 

Manger

Miam, Hangzhou. J’ai si bien mangé là-bas. De la petite échoppe locale au restaurant végétalien, mes papilles ont étés gâtées. En l’espace d’un week-end, j’ai également assisté à deux mariages où familles et amis se réunissent autour d’un repas copieux, composé majoritairement – et à mon grand désarroi – de plusieurs plats de viande. Il faut savoir qu’en Chine, la viande est synonyme de richesse et de force ; cela explique donc que lors des mariages et des grandes occasions, c’est un met que l’on trouve en plus grande quantité qu’à l’ordinaire.

Le restaurant végétalien (台湾7先生.非常素) où Shine m’emmena se situe sur Lianhua Road. La décoration est aussi agréable pour les yeux que l’est la nourriture pour le palais. De nombreux mets reproduisent les plus célèbres plats d’Hangzhou – composés de viande à l’origine – en les “végtalisant” grâce au tofu. Le résultat est surprenant, délicieux et abordable.

 


 

Dormir

Pour ma première nuit à Hangzhou, ayant besoin de me relaxer et de me retrouver seule après les malencontreux événements de la journée, j’ai choisi de dormir dans l’auberge de jeunesse Wushanyi, au cœur de la vieille ville. Avec un prix très accessible (89 yuans pour une chambre double) et très bon accueil de la part du personnel, l’auberge est un petit havre de paix dans lequel j’ai dormi comme un chaton.

Les quatre nuits suivantes, j’ai été hébergée par Shine, mon hôte via Couchsurfing. Sa maison étant située dans la “campagne” – difficile de parler de campagne telle qu’on la connait en France – donc très excentrée, j’ai pu expérimenter la vie un peu plus locale et loin des sentiers tourtistiques. C’est toujours plaisant de découvrir des endroits dans lesquels nous n’aurions jamais mis les pieds en temps normal.

 

 

Conclusion

Hangzhou a été pour moi comme une révélation. En y séjournant, j’ai compris pourquoi la Chine m’attirait tant ; c’est lorsque je me suis retrouvée confronté à la nature, à la culture ancestrale et à la beauté traditionnelle que le but de mon voyage prit sens.

Même si la ville est gigantesque et pourvue de quartiers beaucoup moins charmant, Hangzhou mérite qu’on l’admire et qu’on la parcours pendant plusieurs jours. Il y a, dans l’atmosphère de cette ville, quelque chose de paisible et de relaxant, comme un parfum invisible qui nous rendrait fou amoureux de cette cité aux multiples facettes.

 

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